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QUARTIER DES CHANGEURS


 

 

Le roi Louis XI prit soin de la prospérité de Lyon. Pour satisfaire ses besoins financiers forts grands, il désirait une ville riche dont il pourrait taxer les banquiers et les habitants à sa convenance. Ville charnière de l'Europe, Lyon fut choisie pour son emplacement et ses capacités commerciales. En 1462, le roi confirma les trois foires annuelles créées en 1422 par son père Charles VII et en autorisa une quatrième en 1463. Les foires duraient quinze jours et étaient exonérées de droits. De renommée internationale, elles attiraient les riches marchands de Bourgogne, Lorraine, Allemagne, Suisse, Savoie, Italie et Espagne. Les grands banquiers italiens (Médicis, Grimaldi, Gondi, Guadagni) se mêlèrent aux banquiers lyonnais. Séjournant souvent à Lyon, ils finirent par s'y installer, apportant richesse et culture.

Spécialisée dans la vente de toiles, soieries, tissus d'or et d'argent, cuirs, métaux et armes, Lyon avait aussi le monopole de la vente des épices d'Orient qui arrivaient par bateaux en remontant le Rhône et la Saône. Louis XI avait aussi l'ambition d'en faire le centre de fabrication des tissus d'or et de soie, monopole des Florentins. Le projet échoua par méfiance des commerçants. Ainsi fut retardée la naissance de l'industrie de la soie qui rendit la ville célèbre dans le monde entier soixante-dix ans plus tard, sous François 1er (roi de 1515 à 1547).

Place du Change

Lyon devint, grâce à lui, la première place financière d'Europe. Il aimait résider à Lyon avec sa Cour ; il avait même songé à en faire la capitale de son royaume. La mort accidentelle de son fils le fit changer d'avis. Bien que plus petite, cette place servait déjà de lieu de commerce et de change au XIIIè siècle.

 

Loge du Change

 

Jusqu'en 1653, aucun bâtiment officiel n'était prévu pour les changeurs : tout se passait soit dans la rue, soit dans les maisons alent

our. A cette date, une première "loge" fut construite avec un portique à quatre arcades et un étage bas. Jugée trop petite en 1747, on demanda à Soufflot d'en refaire une autre. Il se contenta de l'agrandir en rajoutant une arcade au rez-de-chaussée dans le même style. Ainsi se marient sans problème ces cinq arcades rythmées par des pilastres doriques surmontés d'un entablement à triglyphes. L'étage supérieur fut entièrement refait : des colonnes engagées de style ionique cette fois, ornaient la façade et les côtés. Elles étaient surmontées d'un entablement dorique et au sommet, deux horloges encadraient le blason du roi. Blason et horloges furent supprimés à la Révolution. Achevée en 1750, la loge servit peu. A la Révolution, en 1794, elle servit de salpêtrière (fabrique de poudre) et en 1803, la ville la céda aux protestants.

 

Elle subit alors des modifications : les escaliers d'angle furent remplacés par un seul au milieu par Dardel (1831) et les arcades furent fermées par Desjardin (1856). Les armes de la ville avaient déjà remplacé celles du roi.

 

N°2 : Maison Thomassin

 

     C'est une des plus anciennes du quartier. De celle construite à la fin du XIIIè siècle, il ne reste qu'une pièce à plafond peint avec les armoiries de Saint-Louis, de sa mère et des Fuers, propriétaires. C'est Claude Thomassin qui la fit reconstruire en 1493 dans un style gothique. Notez, au premier étage, les fenêtres à meneaux sous une frise ornée de signes du zodiaque. Au second, les baies sont jumelées et leurs meneaux agrémentés de deux arcs trilobés, eux-mêmes surmontés d'un large arc ogival. Au centre de cet arc sont sculptés les blasons du Dauphin (poisson), du roi de France Charles VIII (fleurs de lys) et de la reine Anne de Bretagne (l'hermine). Le dernier, à droite, a été rajouté au XIXè siècle.

 

     Suivre la rue de la Loge jusqu'à la rue Juiverie.

Les Juifs ayant leur synagogue juste au-dessus, ils étaient nombreux à habiter dans cette rue. Un édit de Charles VI les expulsa de France en 1394 mais la rue à gardé le nom. Leurs maisons furent remplacées par celles des banquiers venus d'Italie. Réceptions, fêtes et tournois s'y succédaient. 40 blasons, posés en 1993, rappellent les échevins de 1294 à 1788.

N° 22 : Maison Baronnat

Riches bourgeois parvenus à la puissance et à la noblesse, les Baronnat vécurent ici de 1446 à 1538. Au premier étage, des culots sculptés de figurines ornent la retombée des lamiers. Il en est de même à l'arc de la porte. A l'angle, une charmante tourelle est en encorbellement.

N° 23 : Maison des Têtes de Lions

Quand elle fut construite en 1647, c'était un des plus beaux palais du Vieux-Lyon. Admirez sa longue façade à bossage en pierre grise, les arcades en plein cintre du rez-de-chaussée, les meneaux plats, typiquement XVIIè siècle et les quinze têtes de lions sculptées. Les écuries étaient au fond de la cour : notez le puits à double accès. L'escalier dit " à la française" est magnifique. Le noyau est semi-circulaire mais les volées sont droites. Les ouvertures sur rampants sont supportées par des colonnes au centre et de chaque côté.

N° 20 : Construite en 1493 pour un gentilhomme du Duc d'Orléans, cette demeure a des fenêtres à meneaux à double traverse au premier étage. Les croisées d'ogives de l'allée retombent sur des culots sculptés de feuillage ou d'animaux fantastiques. A pans coupés, la tour loge l'escalier à vis qui conduit aux galeries. En 1576, Pierre Duxio, riche marchand italien, l'achète et fait apposer son blason dans la cour. Il est sculpté d'un personnage assis sur un trône portant un grand duc agrippé à une branche.

La ruelle punaise

Elle servait à la fois d'égout à ciel ouvert et de raccourci, grâce à des marches scellées sur un côté.

N° 21 :  Aux deux premiers étages, une série de fenêtres à meneaux plats est surmontée d'un fronton cintré dans lequel est une corbeille de fleurs ou fruits. Du début du XVIIè siècle, l'escalier semi-circulaire est porté au centre par une colonne massive. Les larges balustres de pierre formant le garde-fou des galeries sont très rare. Au pied de l'escalier, notez le puits en pierre grise avec son dais au-dessus.

N° 10 : Refaite en 1619, cette façade possède un imposant rez-de-chaussée à cinq grandes arcades portées par des piliers et surmontées de frontons brisés en marbre noir. La maison est beaucoup plus ancienne : on y a découvert un somptueux plafond à caissons de bois datant de 1490

N° 8 : La galerie Philibert Delorme

Né à Lyon en 1510 et mort à Paris en 1570, il fut le plus grand des architectes de la seconde renaissance en France. C'est à lui qu'on doit la façade des Tuileries commandée par Catherine de Médicis et le château d'Anet construit pour Diane de Poitier, favorite d'Henri II. Après un séjour de trois ans à Rome, il construisit cette galerie pour Antoine Bullioud. Ce fut son premier chef-d'oeuvre (1536). Pour y arriver, il faut suivre l'allée voûtée d'ogives et passer une première cour avec un puits dont seul le dais et son blason sont d'époque. Passionné d'art antique, il s'inspire des monuments romains pour créer cette galerie qui devait réunir deux bâtiments sans gêner la cour et sans démolir le puits existant. Il créa donc, au second étage, une longue galerie reliant deux cabinets supportés par des trompes. Nouveauté en France en 1536 : la superposition des arches à l'antique. Ainsi peut-on voir au premier niveau, une corniche avec un décor de triglyphes alternant avec les métopes ornées de bucranes (tête de boeuf stylisé) et de fleurs, tandis qu'au second plan, Philibert Delorme a employé l'ordre ionique avec chapiteaux à volutes. A l'intérieur, la galerie est décorée de peintures murales et de devises latines.

N° 7 : Datant de 1493, la façade a conservé ses fenêtres à meneaux formés de colonnettes. Au-dessus de la porte, l'arc ogival porte le blason et se termine sur des culots sculptés de figurines. L'allée est remarquable avec sa voûte sur croisées d'ogives retombant sur des culots ornés d'animaux fantastiques à têtes d'hommes.

N° 4 : Acheté en 1546 par François Grollier, secrétaire de François 1er, cet imposant bâtiment devait avoir fière allure. Hélas, en 1863, la partie qui fermait la cour fut démolie pour agrandir la montée Saint-Barthélémy.

Sa façade sur la rue (n°6) a été refaite en 1734 avec de grandes arcades et un portail à fronton. C'est en montant les marches du N°4 qu'on peut admirer l'exceptionnelle spirale de l'escalier à vis tournant autour d'un noyau de taille inhabituelle. Sur trois niveaux superposés, les galeries sont à arcades en plein cintre et portées par des colonnes massives. Sur la gauche, vous remarquerez la niche Renaissance sous un fronton brisé porté par des pilastres sur consoles. Sur la droite est une statue d'Henri IV dont on ignore l'origine. Du puits, il ne reste que la pompe à volant et la vasque qui ne datent que du XVIIè siècle.

Traversez la place en direction de la rue Saint-Paul.