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PLACE DU GOUVERNEMENT
Les gouverneurs du lyonnais, du Forez et du Beaujolais y possédaient
un hôtel particulier de 1512 à 1734, démoli au XIXème siècle.
Pourtant la place ne prit son nom qu'au XVIIème siècle, chargée par
le Roi de la justice, des finances et de la police. Le dernier
Villeroy mourut en 1794 sur l'échafaud. Mais déjà en 1734, le
gouverneur n'habitait plus là : un fils du Maréchal de Villeroy
profita de la mort de son père (1730) pour s'installer dans un hôtel
plus spacieux (actuel musée des Tissus)
N° 5 : Construit au début du
XVIIème siècle, cette immeuble innove en plaçant la tour de la
montée d'escalier au centre de la façade et non plus sur cour. Les
ouvertures sont soulignées de frontons tantôt cintrés, tantôt
brisés. la double porte est surmontée d'une double imposte en fer
forgé à volutes et les poignées sont des têtes de lions. Notez les
meneaux plats des fenêtres et les modillons sous la corniche. un
puits dans l'allée a encore sa poulie.
N° 2 :
Construite au XVèmè siècle, c'était une hostellerie, rôle qu'elle
conserva longtemps puisqu'en 1826 les diligences pour l'Auvergne et
pour le Sud-Ouest partaient encore de là. Si les fenêtres à meneaux
ont conservé leurs bases sculptées, les lamiers qui les encadrent
ont perdu les figurines des culots : seule une sirène a résisté !
Avant d'entrer, notez l'arc en anse de panier terminé par deux
culots ornés d'une sirène et d'un griffon (monstre à tête d'aigle et
corps de lion). La grille a, hélas, remplacé la magnifique porte en
bois à caissons dont quelques vestiges sont exposés sur le mur. La
voûte du hall est à double croisée d'ogives séparée par un arc
doubleau. En montant l'escalier, remarquez la rampe de pierre
creusée dans le mur, décoration nouvelle du gothique finissant.
Passant sous une loggia également voûtée d'ogives, vous arrivez dans
la cour haute. Tournez la tête de tous côtés pour voir les meneaux
sculptés, une porte avec blason et figurine, le dais du puits qui
laisse voir une coquille ouverte finement travaillée. A gauche du
puits, prenez le passage qui conduit à un escalier à vis et
descendez pour trabouler 10 quai Romain-Rolland. Une fois dehors,
tournez à gauche et entrez au n°7. Admirez la belle taille des
dalles de pierre à gauche. Suivez ce couloir et entrez dans la
seconde cour pour voir la tour de l'escalier à vis avec de doubles
ouvertures à meneaux sur les pans coupés, ce qui est très rare.
Poursuivez votre chemin dans cette traboule au plafond voûté
d'ogives pour arriver 7 rue de St-Jean.
N° 7 : De la fin du XVèmè
siècle, cette façade gothique flamboyant est unique par sa riche
décoration sur la rue. La porte à panneaux de bois est surmontée
d'un arc en accolade flanqué de deux pinacles à fleurons et décoré
lui-même de curieux reptiles. Les fenêtres accolées des trois
premiers étages présentent non seulement des meneaux ronds surmontés
du même arc ogival mais aussi une guirlande de semi-arcs ornés de
petits trèfles. Chaque étage est souligné par une coudière de pierre
ronde.
N° 9 :
La lourde et belle porte de bois à panneaux est surmontée d'une
imposte à treillis losangique avec bandeau orné de griffons. Entrez
dans l'allée voûtée sur croisées d'ogives ornées à la clef de voûte
d'initiales et de coquilles. Au débouché de la cour, observez sur le
bâtiment de droite, une fenêtre à meneaux à double traverse, ce qui
était un luxe. Les fenêtres à meneaux de la tour polygonale ont
conservé les lamiers mais sans les culots à figurines. On y entre en
passant sous un arc en anse de panier orné d'un blason et terminé
sur des bases sculptées. L'escalier à vis torsadé se termine au
sommet en forme de palmier. Les arcs, en anse de panier ou brisés,
des portes palières sont à triple boudin et le passage voûté sur
croisées d'ogives traboule 8 quai Romain-Rolland. Revenez dans la
cour pour admirer les galeries avec leurs voûtes sur croisées
d'ogives et une double arcade reposant sur un pilier orné de
pilastres à crochets. Rebâtie en 1516, cette maison est mi-gothique,
mi-renaissance.
N° 11 : Rebâtie en 1516, cette
maison est pourtant un chef d'oeuvre du gothique flamboyant. Au
débouché de la cour, la voûte sur croisées d'ogives retombe sur de
somptueux culots à bustes d'anges. L'entrée de la tour est en anse
de panier à triple boudin, surmontée d'une accolade à fleurons et
accompagnée d'un gigantesque pinacle à crochets. La vis de
l'escalier est torsadée, la rampe creusée dans le mur. De tous
côtés, c'est une débauche de fleurons et d'accolades. Cette maison,
hélas souvent fermée, fut construite par la famille Scève, de riches
notables, dont le fils, Maurice, fut un grand poète de la
Renaissance. En sortant, dirigez-vous vers la rue de la Fronde,
juste en face. Ce nom vient d'une hostellerie dont l'enseigne
représentait un enfant jouant de la fronde.
Fondé en 1631, grâce à une donation de Gabrielle de Gadagne, le
"petit collège" était une annexe du "grand collège" des Jésuites,
actuel lycée Ampère. Il eut pour recteur en 1668 le célèbre Père La
Chaise, futur confesseur de Louis XIV.
N° 5 :
Sur la gauche du musée se trouvait ce collège. Il fut remplacé en
1731 par le bâtiment actuel dû à l'architecte Joachim Van Risamburg.
Seul l'escalier est intéressant. Modèle unique dans le quartier,
c'est un escalier à quatre noyaux. Ses rampants en pierres
appareillées, ses noyaux incurvés pour permettre le virage et ses
rampes en fer forgé lui donnent fière allure. Actuellement occupé
par l'annexe de la mairie du 5ème arrondissement de Lyon, il n'est
visible qu'aux heures de bureau. |