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MUSEE DE L' IMPRIMERIE
Bien avant Gutenberg,
plusieurs techniques se succèdent pour propager le savoir. Les
Assyriens écrivent sur des tablettes d’argile, les Égyptiens sur
des rouleaux de papyrus et les Chinois sur des livres de bois et
de soie. Les Romains adoptent le parchemin et emploient le livre
non roulé reprenant la forme des tablettes. Plus facile
d’emploi, cette forme reçoit le nom de codex.
L’évolution de la
tablette écrite vers la tablette gravée pour obtenir plusieurs
exemplaires au moyen d’une impression, apparaît en Chine dès le IIe
siècle après J.-C. Gravées initialement dans la pierre, puis dans le
bois, ces tablettes donnent naissance à la
xylographie. Ce développement chinois, point de départ de
l’imprimerie, se répand largement en Occident dès le Moyen Âge, pour
réaliser des livres tabellaires au détriment de la copie. Au début
du XVe siècle, la xylographie permet des impressions
feuille à feuille pour reproduire une iconographie essentiellement
religieuse et imprimer des cartes à jouer ainsi que des calendriers.
Pour graver en relief, le
graveur évide les parties blanches et épargne le dessin laissé au
niveau initial. Contrairement à la gravure en creux, c'est le relief
qui reçoit l'encre, à la manière d'un tampon. La gravure en relief
est encrée au rouleau, puis imprimée soit à la main, soit à l'aide
d'une presse typographique, au plateau descendant à la verticale.
L'utilisation de plaques en métal gravées en creux, vers le milieu
du XVe siècle, donne naissance à la
taille-douce, réservée à l’origine exclusivement à la
reproduction d'images. Il ne s'agit pas encore de typographie,
puisque que ce dernier procédé est en creux.
Pendant plus de 400 ans,
la typographie va régner sans partage pour reproduire des textes en
s’appuyant sur les caractères mobiles en plomb et en relief. Pour
les illustrations, elle utilise des xylographies ou du métal gravé
(cuivre ou zinc). Les xylographies restent très en vogue jusqu’au
XIXe siècle car elles s’insèrent facilement dans une
forme typographique contenant du texte.
Il faut attendre le XIXe
siècle pour que l'imprimerie connaisse sa première révolution depuis
Gutenberg. Révolution mécanique d’abord, avec l’apparition de
nouvelles presses à imprimer et des rotatives -- révolution
physico-chimique ensuite grâce aux travaux du physicien Nicéphore
Niepce (1797-1833) et de l'inventeur de la photographie Jacques
Daguerre (1787-1851) entre 1816 et 1838.
Dans le même temps, la
taille-douce renaît. Dès 1796, l'auteur dramatique allemand, Aloys
Senefelder (1771-1834), qui cherche à reproduire ses textes,
découvre un nouveau procédé : la
lithographie qui utilise une pierre calcaire de Bavière
comme forme imprimante ainsi que les propriétés de non miscibilité
d’une encre grasse hydrophobe et de l’eau très hydrophile. La
taille-douce et surtout la lithographie, vont connaître un essor
considérable pour reproduire illustrations en couleur, affiches ou
estampes.
La révolution
industrielle du XIXe siècle favorise l’émergence de
l’information et du savoir technique ou culturel, et entraîne le
développement des techniques permettant d’accroître sans cesse les
vitesses de production d’imprimés. Jusqu'à présent manuelle, la
composition des textes devient mécanique avec l’apparition de la
lynotype en 1886 qui permet de composer du texte à partir
d’un clavier et de fondre automatiquement une ligne bloc sur une
justification déterminée. Les recherches sur la chimie, les métaux
et la lumière ainsi que les travaux de l'imprimeur Firmin Gillot
(1820-1872) débouchent sur de nouvelles techniques photomécaniques
pour préparer des formes imprimantes à partir d’images créées sur
des films par photographie.
Si Firmin Gillot créa en
1850 la panicographie, c'est son fils, Charles, qui en 1872 adapta
le procédé au traitement d'images photographiques. Il mit au point
plusieurs méthodes afin d'obtenir un effet de trame ou de grain. La
technique du "guillotage" était ensuite appliquée pour graver le
métal. Elle permit d'imprimer les photographies, connut un grand
succès et prit parfois le nom de
photogravure directe.
Deux nouveaux procédés
industriels utilisant ces techniques s’ajoutent à la typographie
qui, croyait-on, avait atteint la perfection en matière
d’impression : d'une part, l’offset
initié par l’apparition d’un cylindre blanchet sur la presse
lithographique du constructeur Henri Voirin en 1879, est issu de la
lithographie ; d'autre part, l’héliogravure
initiée par les travaux sur la photographie et attribuée au peintre
tchèque Karl Klietsch (1841-1926) en 1878, provient de la
photogravure. Ces deux procédés vont s'imposer dès 1900, avant de
supplanter totalement la typographie dans le dernier quart du XXe
siècle.
Après 1945, l’imprimerie
doit une nouvelle fois faire face à une explosion du besoin en
imprimés de toutes sortes. Le film et la photogravure deviennent à
leur tour un goulet d’étranglement pour les cadences de production.
Récemment développé pour effectuer des calculs statistiques et
complexes, l’ordinateur introduit une nouvelle révolution. Inventée
par les Français René Higonnet et Louis Moyroud, la
photocomposeuse révolutionne les cadences pour
obtenir des textes au début des années 1950. La
publication assistée par ordinateur
(PAO) pour acquérir des textes et des illustrations et pour préparer
des formes imprimantes devient inéluctable dès les années 1980 avant
de se transformer en prépresse
puis gestion des flux numériques.
La dernière décennie du XXe siècle voit la progression
fulgurante d’un nouveau média utilisant l’électronique pour
concevoir, supporter et diffuser la quasi-totalité de nos documents.
Après la copie, le plomb, la photographie et le film - qui avaient
tous la finalité d’utiliser un papier plus que bi-millénaire - une
nouvelle révolution dans la diffusion du savoir et des informations
s’est engagée pouvant augurer de très sérieuses modifications dans
les habitudes actuelles. Rien cependant peut nous affirmer que sa
majesté “le papier” disparaisse et que l'informatique supplante à
jamais la cellulose.
Infos pratiques
13 rue de la Poulaillerie
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Bus : 1, 9, 18, 23, 27, 28,
99
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