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RUE SAINTE CROIX
4Jardin
Archéologique Girard-Desargues
En sortant de la
cathédrale, tournez dans la première rue à droite. Ce jardin a vu le
jour grâce à un heureux concours de circonstances. Pour s'agrandir,
le Palais de Justice achète quelques immeubles construits au XIX ème
siècle à la place des églises
Saint-Etienne et Sainte-Croix
vendues à l'encan à la Révolution de 1789 et démolies en partie (les
arcs gothiques de Sainte-Croix étaient enchâssés dans les cloisons,
on peut en voir un au fond de la cour du 6 rue Saint-Etienne).
C'était en 1960. Après la démolition des immeubles, les archéologues
fouillent le sol selon la loi. Mais ces fouilles durent de 1972 à
1980 car les découvertes foisonnent et le Palais renonce à son
projet. La ville et le Conseil général rachètent les terrains : le
jardin est créé, laissant à l'air libre les découvertes.
4Le Baptistère
On connaissait, d'après
des écrits anciens du IVè siècle, l'existence d'un groupe épiscopal
formé de trois édifices religieux. En 1936, des fouilles opérées
sous le transept de la cathédrale avait permis de retrouver les
fondations de l'église Saint-Jean mais les autres restaient un
mystère. Cette fois, on retrouva le
baptistère
Saint-Etienne, sans doute utilisé
en tant que tel du IVè siècle au VIIIè siècle et peut-être jusqu'au
XIè siècle. L'imagination aidant, on peut se représenter la cuve
octogonale au centre d'une salle rectangulaire chauffée par
hypocauste (conduits souterrains d'air chauffé, utilisés par les
Romains). Puis il fut agrandi pour former une église (notez les
fondations de l'abside, les absidioles, les travées). Il servit
alors d'église aux chanoines, Saint-Jean étant celle de
l'archevêque.
A côté,
l'église Sainte-Croix était
répertoriée puisque ses arcades restaient visibles dans les
immeubles. Dans le sous-sol, on dégagea l'abside et un cimetière (on
enterrait les morts dans l'église). A voir donc l'abside, l'arc
gothique d'une travée et sur la rue, la trace des piliers de la nef.
Au fond du jardin, rempart tardif (IVè-Vè siècles) ayant réutilisé
les pierres provenant du sanctaire du confluent (moulages).
4Rue
Sainte-Croix
Si vous aimez le
pittoresque, en sortant du jardin, tournez d'abord à droite, puis
sur votre gauche dans cette petite rue étroite, sombre, sale,
typiquement moyenâgeuse et qui a conservé de cette époque le
caniveau central fait pour recueillir les eaux usées qui tombaient
des pierres d'éviers.
A l'autre bout est la rue Saint-Jean dans laquelle vous tournerez
sur la droite.
N° 37 :
La Maison Chamarier
De la cathédrale à la rue de la Bombarde, cette portion de rue se
trouvait à l'intérieur de l'enceinte qui entourait le groupe
épiscopal et les maisons des chanoines depuis le Moyen-Age. Le
chamarier était l'un des huit grands dignitaires du Chapitre de la
Cathédrale. Chanoine-comte, il supervisait la sécurité, la justice,
la voirie et avait sous ses ordres douze agents de surveillance.
C'est lui qui détenait les clefs des six portes de l'enceinte.
L'hôtel particulier que l'on voit ici fut construit de
1496 à 1516 pour le chamarier François d'Estaing, contre
le mur d'enceinte qu'une porte fermait au niveau de la
rue.
Les fenêtres, dont les meneaux sont manquants, sont
accolées et séparées par des pinacles ornés de fleurons
et crochets. Un cordon de pierre court le long de la
façade. Le gothique flamboyant se mélange au style
renaissance : l'escalier à vis torsadé est de style
ogival mais avec une ornementation de trompes dans les
angles avec la coquille renaissance. La tour d'escalier
ouvre sur la cour sous un dais orné d'un pinacle à
clochetons. Le puits renaissance a été replacé dans la
cour.
En 1672 et 1673, la marquise de Sévigné y fit un séjour chez le
chamarier d'alors, beau-frère de son gendre le comte de Grignan.
Lyon servait d'étape pour voir sa fille au château de Grignon.
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